La Nuit des Ours
Editorial 2025

Editorial 2025

– EDITORIAL 2025 –

Et si nous vivions un moment essentiel de l’histoire humaine ?

L’alerte est générale et les « lanceurs/euses » ne savent plus où donner de la tête. Et nous qui écoutons, lisons, soutenons, manifestons, écrivons, votons… non plus !

« Si je dois mourir,
tu dois vivre
et raconter mon histoire (…)
Si je dois mourir,
que cela ramène l’espoir ;
que cela devienne un conte. »

Cet extrait du poème lancé au monde par le poète palestinien Refaat Alareer, une semaine avant qu’il ne soit tué le 7 décembre 2023 nous a bouleversés.
Il inspire ce programme.

© Dr Mariam Abdul Sattar Kurd @palette.in.my.hand


« Créer c’est résister, résister c’est créer. »

Plus que jamais l’Appel du Conseil National de la Résistance – auquel LA NUIT DES OURS tente de répondre chaque année depuis 2019 – nous oblige.

Comment résister lorsque nos armes sont des chants, des gestes, des mots, des danses, des silences ? Les artistes sont essentiellement non-violents bien qu’ils/elles hurlent leur colère, leur révolte, leur folie et même leur mort quand il n’y a pas d’autre issue. Les artistes ne cessent pas de produire : « bon qu’à ça » disait Samuel Beckett.

Dans Gaza aujourd’hui, un sculpteur qui ne dispose plus que d’une grosse boule de terre glaise sculpte chaque jour un visage qu’il détruit le soir venu pour se resservir de cette même terre le lendemain, faire un nouveau visage et ça depuis 700 jours. Lui – comme tous les gazaouis – est prisonnier de l’occupation mais son message nous parvient et résonne en nous plus fort que jamais, à la manière de l’eau qui, malgré les obstacles qui s’imposent à son cours, parvient toujours à s’échapper. LA BIENNALE DE GAZA dont nous accueillons « le pavillon français » transpose des œuvres qui s’inventent là bas et que nous réalisons ici (nous avons besoin de votre soutien pour financer ce projet de façon indépendante).

La mer de glace en disparition, vue depuis le télécabine du Montenvers, 18 juin 2025 © Yumi Célia

Vallorcine est terre d’accueil, de départ et de passage. L’épopée du couple juif allemand Halbreich, de Berlin à Vallorcine durant la dernière guerre mondiale, se termina tragiquement dans le froid glacial de la nuit du 29 septembre 1942 à Tré-les-Eaux. Cette marche tragique contre « les éléments » rappelle à quel point « la nature » est implacable. Un des petits-enfants, musicien, sera là le 6 août à l’Hôtel du Buet dont la propriétaire fut nommée « Juste ».

Une centaine de rendez-vous de ce niveau-là vous sont proposés en 8 jours. C’est notre réponse à l’enferment psychique, culturel, sportif et touristique de masse auquel on refuse de se soumettre. Plutôt que d’être des milliers serrés devant une scène, nous proposons l’éclatement de l’œuvre en autant d’éclats éparpillés dans cette vallée que nous chérissons mais qui souffre atrocement comme en témoigne cette photo.

Trouvez dans ce programme votre joie de vivre et de partager.
« Le vent se lève, il faut tenter de vivre. » Paul Valéry

Bruno Boussagol
Directeur Artistique